relegion-5Le Professeur Abdelhadi Honerkamp, professeur à l'université Georgia aux Etats Unis d'Amérique a nimé jeudi 10 juillet 2014, en présence de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que Dieu L'assiste,  la quatrième causerie religieuse du mois sacré de Ramadan 1435H. 

La quatrième causerie du Pr. Abdelhadi Honerkamp est sous le thème"La législation morale dans le patrimoine spirituel marocain"à la lumière du Verset du Saint Coran : "Dirige tout ton être vers la religion exclusivement pour Allah, telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes. Pas de changement à la création d'Allah. Voilà la religion de droiture".

Le conférencier a abordé, dans le premier volet, de sa conférence le concept de l'inné humain (fitrat) dans le Saint coran, comme souligné dans le verset coranique objet de cette causerie, indiquant que l'humanité tout entière fait face à de nombreux changements et défis d'ordre politique, économique, social, religieux et moral, le défi moral étant le plus épineux puisqu'il est commun à toutes les nations y compris celle musulmane.

relegion-4Je remercie l’association “Les amis d’E de V pour cette magnifique occasion d’échanger sur Eva de V. lisant Muhammad Iqbal. Dans “L’Islam, l’autre visage”, elle indique ce qu’il en a été de sa rencontre avec ce livre qu’elle a traduit, et offert au monde francophone pour son plus grand bien, “Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam”. L’ouvrage central en prose de M. Iqbal dont je vais reparler.

Juste une anecdote. Ayant cité le fait qu’elle ait porté ce livre à l’attention du monde francophone, jusqu’à une date relativement récente je pensais être le premier sénégalais à m’être intéressé à la pensée de M. Iqbal, quand j’ai vu, encore une fois sur ce point, zut ! que j’avais été battu par Léopold Sedar Senghor de nouveau ! Et Senghor a en effet un texte magnifique où il parle de son propre maître spirituel. Senghor était catholique, son propre maître spirituel était le Père Teilhard de Chardin, ce philosophe de la cosmogenèse, de la cosmologie de l’émergence et il disait “j’ai été ravi de découvrir un Teilhard musulman en M. Iqbal”. Il l’avait lu autour de 1955 grâce à la traduction qu’en avait donné Eva de V.” Après la « Reconstruction », elle a traduit d’autres ouvrages de M. Iqbal. Elle a véritablement été un pont jusqu’au “Djâvid-Nâma”, le dernier livre majeur de M. Iqbal, traduit sous le titre “Le livre de l’éternité”.

Je vais commencer mon propos en parlant du Djâvid-Nâma, traduit par E de V sous le titre “Le livre de l’éternité”. On a dit de ce livre qu’il constitue en quelque sorte “la Divine Comédie” de l’Islam.”. Une comparaison tout à fait intéressante, parce que La Divine Comédie est une forme de reprise, par Dante, d’un type littéraire qui doit énormément au Mi’raj islamique, c’est-à-dire au récit de l’ascension nocturne du Prophète de l’Islam qui est, comme vous le savez, au cœur de la spiritualité musulmane. Ce Mi’raj, récit de l’ascension spirituelle du Prophète Mohammed (PSL) , fait pour ainsi dire, pendant, est le symétrique de la révélation coranique, les deux grands moments dans sa vie spirituelle, dans ses rencontres avec le divin sont cela: le premier moment de la descente verticale du Coran dans son cœur, lorsqu’isolé dans la caverne de Hira, pendant le mois de Ramadan, il reçoit la visite de l’ange qui lui apporte la parole de Dieu, ça c’est le dogme central pour les musulmans. Et l’autre moment est, cette fois-ci, le moment où c’est lui qui rend, pour ainsi dire, la politesse à son Seigneur et va lui rendre visite, sous la conduite du même ange Gabriel qui lui avait porté le Coran. C’est donc ce récit spirituel du Mi’raj qui a donné lieu, dans le monde de l’Islam, à une abondante iconographie et également à une abondante littérature. Traduite, très vite, cette littérature en latin.. Donc, si le livre Djâvid-Nâma ou le Livre de l’Éternité est lui-même comparé à une Divine Comédie de l’islam, c’est juste retour des choses.

Ce récit du Livre de l’Éternité reproduit exactement la structure du Mi’raj et la structure de la Divine Comédie de Dante présente un poète guidé par un autre poète, à travers les cieux et qui rencontre un certain nombre de personnalités souvent, des prophètes. Dans le cas de Dante, Virgile était le guide. Dans le cas de M. Iqbal, dans le Livre de l’éternité, Rûmi est son guide.

J’insiste d’emblée sur ce livre et sur le fait que Rûmî est adopté par M. Iqbal comme maître, pour mieux établir le rapport qui a conduit, en quelque sorte, Eva de V, de M. Iqbal qu’elle rencontre comme cela a été indiqué, à celui qui est aussi l’inspirateur et le guide d’Iqbal, Rûmî.

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