relegion-5Le Professeur Abdelhadi Honerkamp, professeur à l'université Georgia aux Etats Unis d'Amérique a nimé jeudi 10 juillet 2014, en présence de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que Dieu L'assiste,  la quatrième causerie religieuse du mois sacré de Ramadan 1435H. 

La quatrième causerie du Pr. Abdelhadi Honerkamp est sous le thème"La législation morale dans le patrimoine spirituel marocain"à la lumière du Verset du Saint Coran : "Dirige tout ton être vers la religion exclusivement pour Allah, telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes. Pas de changement à la création d'Allah. Voilà la religion de droiture".

Le conférencier a abordé, dans le premier volet, de sa conférence le concept de l'inné humain (fitrat) dans le Saint coran, comme souligné dans le verset coranique objet de cette causerie, indiquant que l'humanité tout entière fait face à de nombreux changements et défis d'ordre politique, économique, social, religieux et moral, le défi moral étant le plus épineux puisqu'il est commun à toutes les nations y compris celle musulmane.

Le verset :"Dirige tout ton être vers la religion exclusivement pour Allah, telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes. Pas de changement à la création d'Allah. Voilà la religion de droiture" est destiné à tout musulman ayant une quelconque charge au sein de la communauté des musulmans, a-t-il dit, citant le célèbre théologien tunisien Mohamed Tahar Ben Achour qui explicite le concept de la Fitrat (l'inné humain) dans son ouvrage "les desseins de la chariaâ islamique" d'où il ressort que le grand dessein de la sainte religion est d'attirer et de réaliser le bien et de prévenir le mal, une tâche qui se saurait se réaliser qu'à travers un être humain doté d'une âme, d'un corps et d'un esprit sains. Et pour atteindre ces qualités, l'être humain avait tendance à parfaire sa réflexion pour le bien du monde avant de purifier son âme et son coeur, qui sont le moteur même de toute oeuvre pie, comme il est souligné dans le Hadith du prophète : "En fait, il y a dans le corps un organe, s'il est sain, tout le corps l'est aussi. Mais s'il est malade, le corps l'est également. Cet organe est le coeur".

La Oumma a, de nos jours, grandement besoin de ces enseignements à une ère dominée par des conflits politiques, des divergences intellectuelles et morales et par des déchirements sociaux et tribaux, a souligné le alem.

Dans le deuxième volet de sa causerie, le conférencier a indiqué que la religion musulmane est celle de l'inné humain, qui est synonyme de tolérance et du juste milieu, qui représentent le grand dessein de la sainte religion, selon le théologien tunisien Ibn Achour, a ajouté le conférencier, citant le verset de la sourate Al Baqara "C'est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu afin que vous soyez témoins parmi les hommes et que le Prophète vous soit témoin".

Il indiqué que ce principe de juste milieu corrobore celui de l'inné humain, expliquant que l'inné (Fitrat) chez l'homme l'amène à percer facilement le caractère tolérant de la religion qui est aisance et facilité et où il n'y a point de place à l'excès comme il ressort du hadith du prophète rapporté par Abou Hourayra "La religion est aisance et facilité. Jamais quelqu'un ne cherchera à rivaliser de force avec la religion sans que la religion ne l'écrase".

Après avoir souligné que la législation morale s'est faite selon une tendance ascendante et progressive depuis l'avènement de l'islam jusqu'après la migration à Médine du prophète, sur lui prière et bénédiction, pour atteindre les objectifs escomptés, le conférencier a abordé  le thème central de sa causerie "La législation morale dans le patrimoine spirituel marocain", se référant au grand érudit marocain, Sidi Mohamed Ibn Abbad Arrandi Assalaoui Al Fassi (dynastie mérinide, 8ème siècle de l'hégire) qui a abondement abordé ce thème et qui fut parmi les premiers à avoir posé les premiers jalons des constantes morales religieuses du Royaume du Maroc après sa séparation de l'Andalousie.

Le propos de ce grand alem marocain n'était pas destiné aux seuls adeptes du soufisme, mais à tous les Oulémas du Royaume, étant convaincu qu'il importe de corriger le comportement de l'être humain pour une croyance saine et pour des rapports judicieux avec lui-même, avec son créateur et aves ses semblables.

La méthode de Ibn Abbad est fondée sur trois principes fondamentaux qui s'interférent pour favoriser le bon comportement moral qui doit impliquer ce qui est visible et ce qui ne l'est pas chez l'être humain de façon à prévenir toute hypocrisie sociale, politique ou religieuse, ce grand mal qui a sérieusement entamé nos sociétés contemporaines et influé négativement sur leurs systèmes de moral, a déploré le conférencier.

Ces trois principes adossés à celui de la grâce que tout musulman doit rendre à son créateur sont les piliers de la législation morale en Islam, a ajouté le conférencier, notant que ces mêmes principes sont parfaitement tangibles dans le patrimoine spirituel marocain, tellement ils constituent une soupape de sécurité et la voie idoine pour rehausser le comportement du musulman et sa morale et mériter ainsi la bénédiction du créateur et l'amour des créatures.

Source : Ministère des Habous/ 11 juillet 2014

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