EnsembleEn ce début du mois de juin, la société française fait face à plusieurs chocs : à nouveau, celui de l’arrestation d’un jeune français de tradition musulmane, auteur présumé de l’assassinat de quatre personnes au musée juif de Bruxelles le 24 mai 2014.Cet attentat antisémite a, très vite, été dénoncé par tous les responsables politiques et religieux, et parmi eux les diverses autorités musulmanes de notre pays. Comment ne pas penser à l’action de Mohammed Merah ? Quelques semaines auparavant les agissements de la secte Boko Haram au Nigéria avec l’enlèvement de deux cents jeunes filles avaient aussi suscité des condamnations

unanimes dont celle de responsables musulmans en France. Ensemble, nous devons dénoncer tous ceux et celles qui utilisent le nom de Dieu ou la religion pour susciter la haine parmi les êtres humains ou pire encore tuer.

La société française est aussi sous le choc des résultats aux élections européennes, avec près des deux tiers de citoyens s’abstenant d’y participer et le Front national, devenant le premier parti représentant les Français au parlement Européen.

LE TERRORISMELe Jihâd : sa vraie signification et son but

Question :

Chers savants, paix sur vous. A la lumière de ce qui se passe aujourd’hui, à savoir la guerre dite contre le terrorisme, je pense qu’il vous incombe, en tant que savants, d’écrire quelque chose pour clarifier le concept de Jihâd en Islam, c’est-à-dire la manière dont l’Islam traite cette question, et ce, afin que les non-Musulmans comprennent la différence entre le Jihâd et le terrorisme. Que Dieu vous récompense.

Réponse du Docteur Muzammil Siddîqî [1]

Dieu dit : « Et luttez pour Dieu avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés ‹Musulmans› avant (ce Livre) et dans ce (Livre),afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens. Accomplissez donc la prière, acquittez l’aumône légale et attachez-vous fortement à Dieu. C’est Lui votre Maître. Et quel Excellent Maître ! Et quel Excellent Soutien ! » (Sourate 22, le Pèlerinage, Al-Hajj,

verset 78).

L’observatoire de la Laïcité

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) qui a toujours réaffirmé, depuis sa création en 2003, son attachement profond aux principes fondateurs de la République, considère que La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble.

Dans notre pays, des millions de croyants se rendent paisiblement à l’office religieux de leur choix et des millions d’autres s’abstiennent de le faire en toute liberté. Les emplois et les charges publiques ne sont pas définis selon des critères religieux. La réussite de la laïcité est que cela nous semble normal alors que cette double réalité est récente, au regard de l’histoire.

L’existence de nombreux espaces de dialogue serin et paisible entre les pouvoirs publics et les cultes, l’existence de l’observatoire de la laïcité et sa démarche participative, témoignent de cette volonté partagée de veiller à ne pas dilapider ce précieux acquis.

La volonté des responsables de culte en France d’approfondir leur connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société, a amené les instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’Islam et du Judaïsme à créer « la conférence des responsables de Culte en France », le 23 novembre 2010. C’est ainsi que le 30 mars 2011, ces responsables ont écrit dans une tribune commune : « Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée, est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la

"laïcité à la française" et ses évolutions depuis plus d'un siècle ont permis ».

Dès 1905, la discussion autour de la rédaction de l’article 4 de la Loi du 9 décembre 1905, consacré à l’organisation des Eglises, a donné l’occasion à Aristide Briand rapporteur de la loi d’en préciser la philosophie et les objectifs en qualifiant d’ « état de fait » la pluralité religieuse de la société française et le devoir premier du législateur de ne rien faire qui soit contraire au respect de cette pluralité.

Jaurès dira dans un compte rendu à ses électeurs : « La loi que la chambre a votée laisse la liberté à tous les cultes…, La liberté de conscience sera garantie complète, absolue ; la loi de séparation, telle qu’elle est, est libérale, juste et sage ».

Aristide Briand avait indiqué qu'"en cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c'est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur". Ainsi lors des débats autour du projet d’interdiction de porter la soutane dans l’espace public en 1905, Aristide Briand a opposé qu’il serait contradictoire d’interdire le port de la soutane quand on instaure, par la séparation, « un régime de liberté » et qu’avec la laïcité, la soutane devenait « un vêtement comme les autres ».

Les débats qui ont suivi la publication, en mars 2013, de deux arrêts de la Cour de cassation en matière de manifestation de l’appartenance religieuse sur le lieu de travail, ont mis au jour une méconnaissance de la laïcité, tantôt réduite à un simple principe de tolérance, tantôt déformée jusqu’à réclamer un rejet de tout signe religieux dans l’espace public.

Source : Observatoire de la Laïcité/ 04 février 2014

Liens: http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers/laicite_rapport_annuel_2013-2014.pdf


Mme. X., épouse Y. contre association Baby Loup, Cour de cassation, Chambre sociale, 19 mars 2013, pourvoi n°11-28.845, bulletin 2013, V, n° 75

Mme. A. contre CPAM de Seine-Saint-Denis, Cour de cassation, Chambre sociale, 19 mars 2013, pourvoi n° 12-11.690, bulletin 2013, V, n° 76

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