gallerie-3L’Union des Mosquées de France a tenu à Lille, le 15 novembre 2014, sa 3ème   rencontre des Etats Généraux sur le Radicalisme avec le concours des Unions des Mosquées des régions Nord Pas de Calais et Picardie. 

Cette rencontre, qui a réuni des Imams, des aumôniers et des présidents d’associations gestionnaires de mosquées des deux régions, fut l’occasion pour les participants de débattre avec d’éminents savants et acteurs de l’islam en Europe dont le Président du Conseil des Oulémas Européens M. Tahar TOUJGANI, le président du Conseil des imams de Belgique, M. Mohamed TOUJGANI, et le Président du Conseil des Imams des Pays Bas, M. Elkhammar ELBAKKALI, ainsi que le Président de l’Union de Mosquées de France, M. Mohammed MOUSSAOUI.

Dans leurs conférences introductives aux débats, les intervenants ont rappelé les principes et les valeurs authentiques de la foi musulmane inséparables des valeurs et principes universelles qui fondent toute vie commune dans nos sociétés. Ainsi, ils ont réaffirmé d’emblée que la pluralité religieuse ne saurait être source d’atteinte à la dignité humaine qui est une et indivisible. La liberté, l’égalité mais aussi la fraternité, la reconnaissance mutuelle, le respect mutuel, la paix, la justice, la bonté sont autant de valeurs qui doivent trouver leur expression naturelle dans toute démarche spirituelle authentique.

Les intervenants comme les participants ont longuement insisté sur la nécessité de comprendre ce qui amène des jeunes européens à partir en Syrie et en Iraq pour combattre aux côtés des organisations terroristes avec l’illusion d’accomplir un devoir religieux. Ainsi les arguments, en lien avec les textes coraniques et la tradition prophétique, mis en avant par ces groupes terroristes, ont été passés en revue et décortiqués pour mettre en évidence leur caractère fallacieux et manipulateur. Les textes coraniques qui évoquent le combat, qui n’est d’ailleurs pas synonyme du « jihad », ont été replacés dans leur contexte pour conclure d’une manière irréfutable que la paix est la règle et le conflit ou la guerre est une exception imposée par l’obligation de repousser une agression avérée et protéger les personnes en danger :

-  « Ceux qui ont été l’objet d’une agression, parce qu'ils ont été injustement agressés, sont autorisés à se battre contre leur agresseurs.  Allah a assurément le pouvoir de les aider. (…) Si Allah ne repoussait pas certains hommes par d'autres, les cloîtres auraient assurément été démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est souvent mentionné.» (Coran, S.22-V.39-40)

-   « S'ils demandent la paix, après t’avoir agressé, accepte la paix en te confiant à Dieu, (...) Si, par cette demande, ils cherchent uniquement à te tromper, accepte la paix et qu'il te suffise d'avoir Dieu avec toi ! N'est-ce pas Lui qui t'a déjà prêté Son assistance …» (Coran, S.8-V.60-63).

Par ailleurs, les exposés, ainsi que les débats,  ont permis d’évoquer les différents aspects du radicalisme etla nécessité de mettre en place les outils et les actions nécessaires et appropriées pour faire face à ce phénomène dont les jeunes sont des victimes. Les participants conscients de l’importance de leur rôle et de leur mission s’entendent sur la nécessité de mettre en place des conseils réunissant, au niveau régional, les imams, les aumôniers ainsi que les responsables gestionnaires des mosquées et permettre une meilleure coordination entre tous ces acteurs. Le prêche du vendredi qui est un moment de grande importance dans la vie religieuse des musulmans doit faire l’objet d’une réflexion profonde afin d’améliorer son contenu et la forme sous laquelle il est assuré.  L’enseignement religieux dispensé dans les mosquées, notamment en direction des jeunes, doit être revu en profondeur pour mieux préserver la jeunesse contre les pratiques et expressions radicales. Cet enseignement doit insister davantage sur les valeurs qui rassemblent et créent le lien entre les citoyens et renforcent le pacte républicain. Il faut également doter cet enseignement de ressources humaines qualifiées, de programmes et de supports bien élaborés et accessibles au grand public.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que l’internet et les réseaux sociaux s’imposent de plus en plus, notamment pour les jeunes, comme sources d’information et de formation. Ils présentent en même temps des risques importants pour l’endoctrinement et la propagation du discours radical. Identifier ces sources, cerner leur contenu et connaître leurs initiateurs est aujourd’hui plus que jamais une nécessité.Les résultats des recherches et de l’expertise disponibles en ce domaine doivent bénéficier également aux cadres religieux. De même, il serait utile que ces cadres religieux puissent échanger avec les institutions publiques et les acteurs de la société civile en vue de cerner les besoins et les attentes d’une partie de la jeunesse qui ne se rend pas forcément aux lieux de culte.

Mohammed MOUSSAOUI

Président de l’UMF

 

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