Ministre de l’Intérieur

Discours de M. Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’Intérieur, lors de la clôture de l’instance de dialogue avec l’Islam de France.

Monsieur le Président du CFCM,
Messieurs les recteurs,
Messieurs les imams,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux, à divers titres, de vous retrouver dans les locaux du ministère de l’Intérieur à l’issue des travaux de cette deuxième Instance de dialogue avec l’islam de France.

D’abord parce que je retrouve dans cette assemblée bien des visages amis. Ceux des responsables nationaux des musulmans de France, actifs au sein du CFCM et des diverses fédérations, que je tiens à rencontrer régulièrement en raison de leur expérience et de la parole dont ils sont porteurs en votre nom. Nous évoquons ensemble des sujets concernant directement l’exercice du culte musulman, bien entendu, mais aussi ceux qui intéressent tous les Français qui, comme vous, sont soucieux du destin de notre pays. Et chacun de ces échanges est pour moi une source d’enrichissement.

Et puis, je vois aussi certains d’entre vous dont j’ai fait la connaissance en me rendant à la rencontre des musulmans de France dans les mosquées, à l’occasion de mes déplacements en province. Parfois dans des circonstances marquées par l’inquiétude, lorsque je me rends à Auch après l’incendie criminel qui a visé sa mosquée. Parfois dans un climat d’optimisme, de sérénité et d’ouverture à l’autre, lorsque je participe au « thé de la fraternité », cette belle initiative du CFCM, à Saint-Ouen l’Aumône, puis à la Grande Mosquée de Paris avec le Président de la République.

Toutes ces rencontres sont pour moi des moments précieux, des moments d’échange et de partage. Des moments marqués par la ferveur républicaine, parce que les musulmans que je rencontre à ces occasions me disent leur amour de la République et leur volonté de la défendre contre ses ennemis, qui sont aussi les leurs. Aux musulmans de France, je veux dire en retour que la République a vocation à les prendre dans ses bras, à leur donner la place qui est la leur en son sein. Je veux leur dire que la République les protègera toujours contre ceux qui voudraient les atteindre et qu’elle leur garantira toujours le droit constitutionnel d’exercer leur culte dans des conditions dignes et paisibles. Car ces droits sont ceux précisément que la République doit garantir à tous les citoyens, par-delà leurs confessions et leurs convictions. C’est là aussi que se situent mon engagement et mon devoir à l’égard de chaque citoyen, dans ma responsabilité de ministre de l’Intérieur.

Je suis donc heureux de vous retrouver tous aujourd’hui dans cet état d’esprit de concorde, de respect et de paix. Et je suis heureux de constater que cette « Instance de dialogue », dont j’ai conçu le projet avec vous l’an dernier, répond à ses objectifs et est déjà consacrée comme lieu d’échange et de proposition, dont chacun reconnaît l’utilité.

L’an dernier, je m’en souviens, cette initiative avait suscité des interrogations. N’allait-on pas fragiliser le CFCM, cette instance élue de l’islam de France, en proposant une méthode de dialogue élargi ? L’Etat ne sortait-il pas de son rôle en choisissant, en quelque sorte, ses interlocuteurs musulmans ? Et ne risquions-nous pas de nous contenter de célébrer une réunion artificielle et sans lendemain ? Or, en réalité, l’expérience de juin 2015 a montré, me semble-t-il, que le CFCM pouvait trouver une place centrale et dynamique dans cet exercice. Je veux remercier à cet égard ses présidents successifs, Dalil BOUBAKEUR et Anouar KBIBECH, et bien sûr également Mohammed MOUSSAOUI, qui ont pleinement joué leur rôle et se sont emparés de cette initiative pour faire avancer les sujets qui leur tenaient à cœur et dont les avaient saisis les fidèles. Tout comme je veux remercier les responsables des fédérations et des mosquées qui se sont impliquées dans cet exercice et qui ont toutes apporté leur contribution à la réflexion commune. Lire la suite