Communiqué de presse

Dans un article intitulé "Avignon, la Reine Jeanne, n’est pas la cité des Papes mais la République des Salafistes" qui fait suite à un premier article publié le 19 janvier 2016, son auteur Djaffer Ait Aoudia, présenté comme envoyé spécial du magazine Paris Match à Avignon, s’est livré à une campagne diffamatoire et indigne à l’égard de nombreuses personnalités et institutions musulmanes d’Avignon. Il s’y est également permis de dresser un réquisitoire aussi injuste que ridicule à l’égard des pouvoirs publics. La description surréaliste qui est faite de la ville d’Avignon, de ses quartiers, de ses élus et des représentants de l’Etat, ainsi que de ses citoyens de confession musulmane, relève de la diffamation.

Déjà, en 2008, l’un des responsables de la société CAPA de production de l’émission "Les infiltrés" de France 2 avait résumé la méthode de ce "journaliste", employé par l’émission à l’époque : "Pour faire court, Djaffer Ait Aoudia fait état de course à l'audimat à partir de commentaires bourrés d'information erronées".  En janvier 2011, la Cour d’appel de Paris l'a déjà condamné à payer des dommages et intérêts à Capa "à la suite de la publication d’un entretien contenant des propos diffamatoires". 

C’est ce même "journaliste" qui a donné, fin novembre 2015, une interview au petit journal (Canal Plus) sur l’histoire d’une transaction entre un média britannique et le patron du restaurant Casa Nostra portant sur la vente d’une vidéo des attaques terroristes du 13 novembre 2015. Ses déclarations contradictoires et démenties par les faits ainsi que son refus d’y apporter les explications qui s’imposaient ont laissé de nombreux médias (Canal Plus, Le Monde, RUE 89) interrogatifs quant à son rôle douteux dans cette affaire qui fut aussi une offense à la mémoire des victimes du terrorisme et à leurs proches. 

Aussi, il est surprenant et fortement dommageable que la société éditrice de Paris Match puisse continuer à laisser ses pages à ce coutumier de tels dérapages. 

Fidèle à ses contradictions, ce journaliste qui prétend être, depuis la publication de son "enquête" publiée en janvier 2016, sous la menace des "imams radicaux" d’Avignon, reconnaît en même temps avoir pu se rendre de nouveau dans tous les coins de cette cité et pu interroger librement les personnes souhaitées !  

Aussi, ses allégations contre les imams et responsables de mosquées connus de tous pour leur intégrité et leur probité tels que M. Mohamed Mahdi Krabch, imam de la mosquée El Boukhari ou de son ancien président M. Mimoun Bellazghari ne font que confirmer ce qui lui est reproché. Sa mise en cause de l’action des pouvoirs publics, avec à leur tête, M. le Ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, M. le Préfet de Vaucluse et Mme le Maire d’Avignon, montre son véritable dessein : celui de jeter l'opprobre sur les responsables en charge de la sécurité de notre pays, facteur déterminant de sa cohésion.  

C'est d'ailleurs dans son insistance à différencier entre "Marocains" et "Algériens", tous Avignonnais, en les plaçant dans des registres opposables que s'affiche les intentions malsaines de ce journaliste qui  utilise la noble et juste cause de la lutte contre le radicalisme pour distiller le poison de la division au sein même de la communauté musulmane. 

Nous, signataires du présent communiqué, déplorons profondément que Paris Match ait pu placer sa confiance dans un individu, qui de par son comportement passé et présent, n’en est pas digne et espérons que Paris Match prenne en compte notre demande de droit de réponse. 

Nous, signataires du présent communiqué, appelons tous les citoyens d’Avignon à rester unis et solidaires face à ce type de manœuvres méprisables et à demeurer constamment mobilisés contre l’extrémisme sous toutes ses formes. 

Nous signataires du présent communiqué saisissons notre avocat Me Michel Pezet, du barreau de Marseille, ancien président de la Commission des Lois, en vu d'intenter une action en diffamation. 

Avignon, le 08 avril 2016

Mosquées et Imams d’Avignon