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ghetto communautaire

Source : lemonde.fr

Présentation de l’auteur : Mohammed Moussaoui préside le CFCM depuis le 19 janvier 2020, fonction qu’il a déjà occupé de 2008 à 2013 avant de fonder l’UMF en 2014.

Il est Maître de Conférences et dirige le Département de Mathématiques de l’Université d’Avignon. Formé en théologie, il assure le prêche de vendredi dans différentes mosquées de France.

La volonté des pouvoirs publics de faire reculer toutes les formes de séparatisme ou de « communautarisme » dans notre société fait partie de nos idéaux de fraternité et de nos préoccupations essentielles.

Les musulmans de France en ont assez d’être les otages de pratiques sectaires et intolérantes au nom d’une lecture dénaturée de l’Islam, mais ils en ont également assez d’être considérés comme les responsables de toutes les fractures et de tous les maux de notre société.

Les Musulmans de France en ont assez d’invectives haineuses et racistes émanant d’individus, de groupuscules et de pseudo intellectuels qui veulent créer un séparatisme entre les français de confession musulmane et leurs concitoyens. Au nom d’une idée erronée de l’identité française, les adeptes de séparatisme, dénaturent les valeurs de la République et mettent en péril la cohésion nationale.

Le flou qui entoure le concept de « communautarisme » et les exemples de « revendications » pointés par certains pour étayer la thèse d’un repli communautaire des musulmans de France pourraient être source d’incompréhension et de malentendus.

Deuxième confession de France, la religion musulmane n'a jamais composé une entité monolithique. Nous ne pouvons pas parler sérieusement d’une communauté structurée et revendicative, alors que celle-ci ne dispose d'aucun média audio ou télévisuel confessionnel, ne dispose que de très peu d'établissements scolaires confessionnels, de très peu d'instituts de formation de cadres religieux, de très peu de systèmes de contrôle d'aliments halal, ne dispose d’aucun centre social ou maison de retraite…

Ce manque de structures communautaires va à l'encontre du fantasme d’une communauté qui cherche la domination et le pouvoir. L’accusation récurrente des musulmans de France de dérive communautaire n’est alors que le pendant de ces considérations à l’emporte-pièce empreintes de préjugés.

Tout en récusant avec force cette accusation injuste car ne s’appuyant sur aucune connaissance attentive et objective, nous constatons en même temps qu’au nom d'une lecture radicale de l'islam, une minorité extrémiste manifeste une pratique qui heurte, des comportements qui font d’eux des personnes à part et les font vivre à la marge de la société. Cette minorité s’active pour élargir son espace d’influence et imposer ses us et coutumes dans des quartiers souvent laissés à l’abandon.  Des « caïds » et « émirs » y fanfaronnent en toute impunité et des jeunes à la dérive y glissent vers le crime ou le terrorisme.

Il est une nécessité absolue que la République reconquiert ces territoires pour le bien de tous les citoyens à commencer par les musulmans qui sont les premières victimes de ce séparatisme. C’est une mission qui appelle l’investissement de tous. Les cadres religieux musulmans, comme tous les éducateurs et toutes les forces vives de notre pays, doivent y prendre toute leur part dans le cadre des prérogatives qui sont les leurs. Les institutions religieuses doivent promouvoir par tous les moyens possibles des valeurs communes à même de prévenir toute séparation ou division dans notre société.

Pour dénoncer cette séparation que certains tentent de promouvoir en nom de l’islam, les institutions religieuses musulmanes peuvent s’appuyer sur les textes fondateurs de cette même tradition qui ne laissent aucune place à ces comportements de division.

Le Coran lui-même rappelle que la reconnaissance mutuelle entre les Hommes est l’objectif même de leur l’existence :« Ô Hommes ! (…) Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez » (Coran 49 : 13).

En s’adressant aux « hommes » et non aux « musulmans », le Coran a voulu rappeler que l’appartenance à la communauté humaine est celle qui transcende et englobe toutes les autres appartenances.

Dès son arrivée à Médine, berceau d’une société plurielle, le Prophète Muhammad (pbsl) avait déclaré que « les Juifs de la tribu des « Bani‘Awf » et les musulmans formaient une et même communauté » (Pacte de Médine) et n’avait laissé aucune occasion pour donner corps à cette idée d’appartenance à une même communauté. Il lui arrivait souvent de partager ses repas avec son voisin de confession juive et d’expliquer cela par : « L'Ange Gabriel m'a tellement recommandé de bien agir envers le voisin au point que j'ai pensé que ce dernier ferait partie des héritiers ».

L'immense majorité des musulmans de France, nourrie par cette tradition de paix et cette culture de partage, aspire à vivre sa spiritualité dans le strict respect des valeurs de la République et espère le faire dans l'indifférence et la banalisation, comme tous les autres citoyens, de quelque confession ou conviction que ce soit. Ils souhaitent que leur pratique religieuse soit perçue comme un élément de leur liberté individuelle, plutôt qu'une source permanente de débats publics dont certains peuvent contribuer, malheureusement, à nourrir une forme de stigmatisation et de mise à l’écart.

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