Le Maroc inspire le MaliL'ISLAM AU MAGHREB (1/2) En septembre 2013, une convention a été signée entre le Maroc et le Mali prévoyant la formation de 500 imams maliens sur cinq ans. Une centaine sont déjà arrivés à Rabat

RABAT

De notre envoyée spéciale

Les uns dans leur salle de classe, le livre saint ouvert devant eux, les autres assis en tailleur sur les tapis de la salle de prière aménagée au premier étage du bâtiment, tous récitent le Coran. D'ici à la fin de l'année prochaine, ces 106 imams maliens âgés de 20 à 50 ans, qui ont laissé femme(s) et enfants au pays, devront connaître par cœur le livre saint. Leurs voix puissantes se mêlent donc, et s'évadent des fenêtres de cet ancien lycée du quartier chic de Hay Ryad, dans la banlieue de Rabat, transformé en centre de formation à leur intention.

À la demande du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, et désireux de participer à la « reconstruction matérielle et immatérielle » du pays marqué par le conflit armé avec les islamistes et les indépendantistes touaregs du Nord, le roi du Maroc s'est engagé à accueillir 500 imams sur cinq ans pour leur enseigner un « islam ouvert, tolérant ». Deux mois plus tard, la première promotion découvrait les salles de cours, les dortoirs, la petite infirmerie et la cantine de ce bâtiment fraîchement repeint.

Le programme de formation s'inspire de celui qui est conçu pour les imams marocains, basé sur l'islam malékite et enrichi de soufisme. Mais il a été adapté au contexte malien : aux quatre heures hebdomadaires de « Coran et sciences coraniques », six heures d'arabe et quatre heures sur « la mission de l'imam (prière, prêche, enseignement et aspects sociaux) », le cursus ajoute, selon les semestres, des cours sur « l'histoire » ou les « institutions du Mali », l'apprentissage de quelques-uns des principaux dialectes et même quelques notions de « santé mentale », sur les médias ou Internet.

« Nous formons des imams authentiques qui n'iront pas chercher d'autres idées que celles qui sont dans la population depuis des siècles, cet islam du juste milieu que nous pratiquons au Maroc » , fait valoir le directeur de cabinet du ministre des habous et des affaires islamiques, Abdallah Begdouri. Non pas « un imam standard que l'on envoie partout dans le monde, comme ceux qui sont formés à Qom (en Iran, NDLR) ou à Médine (en Arabie saoudite, NDLR), mais sur mesure ».

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