Imprimer

Solidarités intergénérationnellesUne majorité d’études soulignent la charge que représentent les soins à une personne dépendante pour sa famille. Elle peut conduire à l’épuisement de l’aidant, à la détérioration de son état de santé et réduire son espérance de vie. Les difficultés rencontrées par les seniors en charge de leurs parents dépendants peuvent également affecter le mécanisme de la transmission intergénérationnelle des valeurs et des savoirs à la génération la plus jeune. Mais il faut se garder d’une approche schématique, face à des arbitrages familiaux complexes. Certaines familles, certains aidants trouvent des satisfactions à organiser des soins de qualité pour leur parent. Leur préoccupation principale est la bonne gestion de la situation. Il existe une grande diversité des modèles d’aide.

L’économie familiale est bouleversée par la venue de la dépendance et il importe de comprendre quelles sont les dépenses qui ne sont plus possibles une fois financés les aides et les soins, dans quelles conditions et avec

quels revenus vit le conjoint non dépendant. Quand l’aidant principal appartient à la génération pivot, ses arbitrages demandent d’être bien perçus, entre l’aide aux vieux parents et celle attribuée aux enfants et petits-enfants. Le mécanisme financier mis en place au titre de la solidarité nationale ne doit pas décourager les solidarités familiales là où elles existent : elles contribuent à l’organisation de prises en charge stables, elles évitent des interventions d’urgence, coûteuses et dé- structurantes pour la personne âgée. Au total, le volet économique (et non strictement financier) de la prise en charge familiale de la dépendance est beaucoup plus important qu’on ne l’imagine, mais il est généralement mal connu.

Source : Marie-Ève Joël/Projet-2012/1 (n° 326) Éditeur C.E.R.A.S