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Organisation du culte musulman
Lire avant : Organisation du culte musulman : Ne pas se tromper de combat ! (1/3)

Les consultations organisées à diverses occasions, auprès de nombreux imams, aumôniers et fidèles musulmans, ont fait sortir un souhait largement partagé de voir la représentation du culte musulman plus proche des préoccupations des musulmans de France et de leurs attentes. 

Des orientations ont émergées pour une nouvelle organisation du culte musulman et des pistes ont été dressées pour son financement, la formation de ses ministres de culte, de ses gestionnaires et la définition des statuts des imams et des aumôniers. 
 

En matière d’organisation :

 

La création des conseils départementaux du culte musulman pour plus de proximité et d’efficacité. C’est l’échelon départemental qui pourrait permettre de réelles coopérations entre les acteurs indépendamment de leur affiliation ou non à une fédération. A noter que cette proposition a été largement évoquée et soutenue par les participants des dernières assises territoriales. 

- La création des conseils des imams et aumôniers au niveau local puis au niveau national, au sein desquels le contenu du prêche du vendredi, suivi par près d’un million de musulmans ainsi que l’enseignement religieux dispensé dans les mosquées, les écoles et les instituts musulmans, pourraient faire l’objet d’un travail collégial digne des défis auxquels sont confrontés les musulmans de France. 

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Sur le plan de la formation des cadres religieux :

- La mise en place d’instituts théologiques répondant à une vision commune et bâtissant un socle commun de compétences pour la formation des imams et aumôniers de France. Une meilleure articulation de celle-ci avec la formation profane dispensée dans de nombreuses universités françaises pourrait ouvrir des opportunités en matière de prise en charge pédagogique et financière des étudiants. 

- Définir les différentes missions et titres des cadres religieux et les compétences qui leur sont associées ainsi que leur statut. Le manque de lisibilité et la précarité qui touchent le statut de l’imamat en France, outre qu’elles ne sont pas de nature à susciter les vocations chez les jeunes musulmans, ne permettent pas à ceux qui sont déjà engagés d’accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
 

Sur le plan du financement :

 

- Doter le culte musulman de moyens de financement à travers l’acquisition par les associations gestionnaires de lieux de culte, d’immeubles de rapport (waqf). Cette acquisition se fera dans la continuité des efforts consentis par les fidèles pour la construction de leurs mosquées. Elle constituera une source de financement durable et donnera une réelle indépendance au culte musulman vis à vis du financement étranger. 

Nous avons une préférence pour ce mode de financement relativement à la redevance du pèlerinage ou du halal. Celles-ci, pourront être un complément, mais il ne faut pas sous-estimer les difficultés de leur mise en place. 

En effet, leur collecte et leur répartition ne pourront être opérationnelles qu’à la suite d’un travail préalable important sur l’organisation du culte musulman. Sans le soutien des pouvoirs publics, par le biais de l’agrément des sacrificateurs, la collecte de la redevance halal ne pourra pas se mettre en place. Ce soutien serait difficile à obtenir compte tenu du débat récurrent sur l’abattage rituel et le bien être animal. 

La redevance pèlerinage pourrait être plus simple à mettre en place si l’Arabie Saoudite acceptait de coopérer avec les potentiels collecteurs. Cependant, les plus optimistes estiment sa recette à moins de quatre millions d’euros. Cette somme permettrait tout au plus la construction d’une ou deux mosquées de taille moyenne ou l’indemnisation de quelques dizaines d’imams. 

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