L’EXISTENCE DE DIFFERENTS GROUPES EN ISLAM EST ELLE UNE MAUVAISE CHOSE EN SOI ?

Dieu, dans Son Immense Sagesse, a créé les êtres humains avec des traits de caractères, des goûts et des penchants différents, ainsi qu’une personnalité particulière et propre à chacun d’eux. Respecter ces différences est donc fondamental.

Aussi, aux débuts même de l’Islam, certains compagnons, pour des raisons diverses et variées, comme le contexte, la fonction ou « l’inclination naturelle », se consacraient plus que d’autres à tel ou tel domaine de la religion :

➡  Par exemple, certains Compagnons comme Ali, Abou Houraira et beaucoup d’autres, qu’Allah les agréé, étaient particulièrement connus pour le temps qu’ils consacraient à la Méditation.

➡ Le gouverneur Amr Ibn Al ‘Ass et le calife Umar Ibn Al Khattab, qu’Allah les agréés, de par leur fonction de gouvernants, se consacraient entre autres à la défense des intérêts de la communauté musulmane et donc, à la politique au sens noble du terme.

➡ Certains avaient plus de facilités que d’autres à se consacrer à la Science et au Savoir : Mouad Ibn Jabal pour la science du licite et de l’illicite, Zaid Ibn Thabit pour la science de l’héritage, Abou Houraira pour la science du hadith, Abdoullah Ibn Abbas pour la science du Coran et dont le Prophète (pbsl) avait dit “Allah lui accorde la science du livre” etc.

➡ D’autres compagnons, qui avaient de bonnes connaissances et de bonnes qualités oratoires, se consacraient spécialement et plus que d’autres à la Transmission du message divin, notamment ceux que le Prophète (PBSL) désignait et envoyait à travers les différentes contrées.

Ce qui était demandé aux compagnons, qu’Allah les agréé, c’était donc de ressembler le plus au Prophète (pssl) qui était la personne la plus « COMPLETE » qui soit. Il excellait dans tous les domaines : de par la Révélation, il excellait dans le domaine de la transmission de la religion car il était le premier et le meilleur des transmetteurs à travers ses actions et ses paroles.  Il excellait aussi dans le domaine politique au sens noble du terme et dans la défense des intérêts des musulmans : c’était un homme d‘Etat d’une grandeur incontestable et inégalée, qui mit en place une véritable Constitution à Médine, et qui défendait sa « Oummah » et les musulmans sur tous les plans et où qu’ils se trouvaient.

Il excellait dans le domaine spirituel, ayant atteint le degré suprême de l’ihssan, pratiquant intensément le dhikr et la méditation. Enfin, il excellait dans le domaine du savoir et de la science : de par la Révélation, il est à l’origine de toutes les sciences islamiques qui se développeront plus tard, et on ne trouve pas plus savant que lui sur la religion, paix et bénédictions sur lui.

Cependant, il n’y avait PAS DE MAL et il était même tout à fait normal et naturel que certains Compagnons « se spécialisaient » dans tel ou tel domaine.

Et ce besoin de « spécialisation » se ressentait au fur et à mesure que l’Islam grandissait, et n’a fait que s’accroitre avec le temps.

 Ainsi, on a toujours trouvé et ce, jusqu’à aujourd’hui, différents « groupes » de musulmans qui se rassemblent pour se consacrer à l’un de ces domaines en particulier. Attention, nous ne parlons pas des sectes égarées et reconnues comme telles, mais bien de « groupes de tendances » dont l’existence est intrinsèque à la nature humaine.

Si on compare l’islam à une « médecine des cœurs », alors, elle a certes besoin de médecins généralistes, de personnes qui essayent de rassembler tous les domaines. Mais elle a aussi besoin de médecins spécialistes : des personnes qui se consacrent à un domaine en particulier pour exceller, car nous n’avons pas les capacités du Prophète (pbsl) pour exceller dans tous ces domaines…

            On peut aussi comparer la « Oummah » à une «Entreprise de Bien». On peut ainsi lui appliquer la fameuse théorie d’Adam Smith sur la «nécessaire division du travail et répartition des tâches » pour accroître l’efficacité, le rendement et la productivité d’une entreprise quelconque. Les domaines que nous avons cités (Savoir, Transmission, Méditation et Politique au sens noble) sont donc en quelque sorte des « secteurs d’activité » d’une même enseigne, la « Oummah », secteurs qui doivent travailler main dans la main à la réalisation d’objectifs communs : développer, approfondir,

protéger et faire vivre l’islam.

Les groupes qui constituent ce qu’on appelle communément « Ahl sunna » (les Gens de la Sunna) et le phénomène de spécialisation qui en découle ne sont donc PAS UN MAL EN SOI. Ils ont d’ailleurs toujours existé car comme nous l’avons dit, leur existence étant intrinsèque à la nature humaine.

            NÉANMOINS, le phénomène de groupes devient NOCIF et DANGEREUX à partir du moment où “l’Esprit” de la religion, qui est l’unité des cœurs et le rassemblement, est dévoyé.

Autrement dit, à partir du moment où un musulman appartenant à un groupe considère que son groupe est “LE seul à être dans le vrai“, que le domaine auquel il se rattache est “LE seul qui mérite d’être développé” ; pire encore, lorsqu’il considère, au fond de son cœur, que ses “frères en Islam” sont “LES seuls membres de son groupe“… Alors là, il y a réel danger.

              Ce sont donc les dérives de l’esprit clanique et sectaire qui sont dangereuses et qui mènent à la division, et non pas les groupes en soi.

            Dès lors, quelques points sont à préciser :

 ➡Si l’on craint de tomber dans cet “esprit clanique” qui est mauvais, alors il est recommandé, en vertu du “principe de précaution”, de rester “médecin généraliste” et de ne faire partie d’AUCUN groupe, autrement dit, rejoindre la majorité des musulmans.

➡Si on ne ressent pas soi-même l’utilité ou la nécessité de se consacrer à un domaine en particulier, on doit tout de même respecter les aspirations naturelles et légitimes de ceux qui se consacrent, qui « travaillent », et qui sont « efficaces » dans leur domaine. Sans les qualifier de « sectaires » ou « d’innovateurs », comme c’est souvent le cas malheureusement.

➡Rien ne nous empêche, sans forcément entrer dans un groupe, de prendre le « meilleur » de chacun de ces groupes car il est incontestable qu’il y ait un bien dans chacun d’eux !

➡Bien entendu, ce n’est pas parce que certains membres de tel ou tel groupe commettent des actes répréhensibles voire illicites, qu’il faudrait généraliser et mettre « tout le monde dans le même sac » ! Agir de la sorte, c’est agir comme les islamophobes qui, à cause d’une poignée d’individus qui dévoient l’islam, généralisent et considèrent tous les musulmans comme des terroristes !

➡Enfin, le musulman peut et doit, en cas de « défaut » observé dans un groupe comme chez un individu en particulier, apporter son conseil, en privé, avec sagesse et bienveillance, sans pour autant s’autoproclamer Juge ou Mufti !

UMF FRANCE

L’« Union des Mosquées de France », ci-après dénommé «UMF», est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901. L’UMF regroupe les « Conseils Régionaux de l’Union des Mosquées de France », au nombre de 13, un par région administrative, mentionnés sous le nom de « Union des Mosquées de la Région, suivi du nom de la région ».